Dessin de yogi
Yoga & Méditation

Paroles de yogi : Le yoga n’est pas un long fleuve tranquille

Aujourd’hui, je laisse la parole à une très chère yogi, elensanaiah, pour un témoignage à la fois poétique et rigolo de son expérience avec le yoga ! 

Le yoga n’est pas un long fleuve tranquille

Inception yogique

J’ai sept ou huit ans, une amie de ma mère lui a prêté un livre avec des personnages dessinés dans des positions atypiques. J’ai pensé « Ha, c’est ça le yoga ? » – (oui le sujet c’est bien le yoga et pas Comment j’ai découvert la gymnastique cosmique… ;-)) Je me souviens surtout de la posture « pour évacuer les gênes intestinales », que nous nous sommes empressés avec mon frère de rebaptiser en quelque chose de moins fin.

Le souvenir de cette première rencontre avec le yoga est aussi joyeux qu’empreint de sorcellerie : nous avons entre les mains le livre des secrets, pensé pour le bien-être du corps et de l’esprit. Il est possible de maîtriser ce qui d’ordinaire nous échappe (par respect pour l’auteur, ne voyez pas de jeux de mots mal placés ici, merci). Puisque la recette existe, pourquoi se priver de ces rituels magiques (j’étais déjà une enfant rêveuse) ? Le yoga est reparti avec le livre, mais l’idée est restée.

Cependant les années passent, la magie s’évapore et je suis loin d’envisager le yoga comme une activité sportive.

Tout n’est pas Yoga

Et voilà qu’un jour de folie, je me laisse tenter par un stage de yoga. Ma curiosité est attisée par une collègue qui me chante régulièrement les mérites relaxant du yoga. Je suis enfin prête à atteindre la zénitude…Le descriptif présente l’intervenante et son approche inspirée de son expérience de danseuse aux Etats-Unis. Bon. Le cours débute.

« Mettez-vous avec un partenaire, nous allons travailler à deux ». Ma collègue est venue avec son mari, je ne connais personne d’autre. Je me rapproche d’une femme tout sourire (là, j’aurai dû me méfier).

« Maintenant reposez-vous dans les bras de votre partenaire. Laissez-vous aller. Lâchez-prise ». Epreuve suprême quand on est plutôt timide et pas forcément tactile. Je n’arrive pas à me détendre. Et voilà que la jeune femme décide de me prendre dans ses bras et de me bercer. Elle vient d’avoir un bébé me dit-elle…Mon esprit se braque. Je passe en mode survivor, « faisons la morte elle me laissera peut-être partir » pensai-je. C’était sans compter sur le côté infirmière des nouvelles mamans. Bref, l’épreuve ne fait que commencer.

« Maintenant, vous allez rouler dans la pièce, et si vous rencontrez un corps, vous poursuivez votre chemin en passant dessus-dessous… ».

Les exercices se sont enchaînés entre danse, théâtre, expression corporelle. Je suis ressortie de la séance plus stressée qu’à l’arrivée. Devoir me lover dans les bras d’une inconnue. Sortir de ma réserve alors que je m’étais imaginée plonger en mon fort intérieur. Affronter le regard de l’autre et subir carrément son corps. Je ne dis pas que le Yoga soit une pratique égocentrique, mais dans cet exemple précis, je n’ai pas été capable de m’ouvrir à cette expérience. Je ne me sentais pas disponible pour mon partenaire qui elle prenait très à cœur les consignes.

En fait ce n’était pas du yoga, mais les stagiaires étaient bien des pratiquants. Je suis donc restée longtemps sur cette impression de malaise, de non-appartenance à ce groupe défini : les adeptes du yoga, les à-l’aise-avec-leur-corps, les ici-tout-le-monde-se-connaît. Bon j’exagère un peu mais cette séance m’avait fait pensé aux cours de danse où les filles forment des clans hermétiques où on est sœurs de cœur, où le nouveau venu est une bête sauvage qui soit se fait apprivoiser, soit reste à jamais hors du cercle. J’ai poursuivi ma route pendant longtemps sans recroiser un cours de yoga.

Yoga 2.0

De temps en temps, j’avais entre les mains un livre ou un article sur les bienfaits du yoga réparateur, du yoga déstresse, du yoga c’est bon pour ma santé. Il faut avoir un peu de patience pour lire les enchaînements, les mettre en pratique un par un, puis on oublie en pleine action comment positionner le pied, alors on revient sur la page, puis entre temps on perd l’équilibre, puis entre temps ça nous a saoulé, alors on arrête.

Et puis est arrivée Leslie qui m’a mise sur la route des yoga challenge à suivre en ligne. Le format était parfait pour moi : 1 séance de 15 minutes par jour en moyenne adaptée aux débutants. C’était durant une période de stand-by sportif suite à une fracture de l’orteil (oui ben on a beau être ceinture noire de Taekwondo, un orteil en souffrance c’est galère).

Je me suis dit ça va aller, je fais des séances de 1h30 au Taekwondo, pompes, abdo, étirements, vas-y que je saute par-çi, que je cours par-là, ce n’est pas 15 minutes par jour qui allait me faire peur. Ce fut la douche froide : non, je n’ai pas d’équilibre, non, je n’ai pas d’abdo profonds, non, je ne connais pas un centième des possibilités d’étirements, tiens c’est quoi ce muscle ? Ha bon ça se travaille ? Ooh la la c’est fatiguant quand même…

Mais voilà que je plane après les séances, je suis dans un cocon de sérénité et de calme retrouvé. Cela m’apprend la patience, on tient la pose en suivant sagement la yogi. D’ailleurs, je découvre par la même occasion qu’une prof de yoga ce n’est pas forcément ringard ou à 10 mille mètres au-dessus des mortels. Ooh je sais ce n’est pas beau, mais je ne m’étais pas rendue compte qu’un vent de fraîcheur avait soufflé sur la discipline.

Revenons aux séances. Elles deviennent mon petit remède à tous les maux : un mal de dos ? Hop la séance spéciale dos. Un peu énervée en rentrant du travail ? Et hop la séance relaxation. Marre du boulot ? Et hop…heu non, rien du tout. Désolée. Bref, c’est le bonheur avec ma yogi. Mais voilà, l’amour des premiers jours ne me suffit plus. J’ai beau parler à Yogi sur l’écran et lui demander pourquoi je n’arrive pas à faire la position BHXYµ°, elle persiste à ne pas me répondre. Je ne suis pas sûre que mes postures soient correctes. Il est temps de me lancer dans une vraie grande séance de yoga.

Routine yoga d’une Taekwondoïste

J’ai la chance de connaître Leslie depuis des années. Elle me propose de l’accompagner à une séance avec sa top yogi. Le niveau est plutôt avancé, et le défi sportif conséquent. La yogi rectifie mes postures et m’aide à aller plus loin dans les étirements. Cela me fait un bien fou. Je suis enthousiasmée par la séance, ce moment de partage, cet encouragement à solliciter toutes les parties de son corps. Je dois avouer que le temps de relâchement qui conclue le cours est l’un de mes préférés. Je me promets de pratiquer en séance guidée autant que possible.

Depuis l’époque des yoga challenge, j’effectue dès le réveil des salutations au soleil qui se poursuivent en fonction de l’inspiration du moment. Ce rituel qui me prépare au petit déjeuner (le ptit’ déj’ c’est sacré, je ne suis rien sans Lui) est vite devenu indispensable. Je pensais que cela suffisait à mon bonheur mais les exercices sous le regard affûté de maître Claire et maître Leslie sont indispensables pour progresser.

L’esprit yoga est vite passé du yoga mat aux tapis de la salle d’arts martiaux. La souplesse naturelle est un doux rêve pour la Taekwondoïste que je suis. Aussi, chaque entraînement est avant tout un combat avec les limites de mon corps et un travail sur le lâcher-prise. La maîtrise du souffle est déjà omniprésent dans l’art martial. Mais le yoga, vu de mon expérience personnelle, a renforcé la notion de non-souffrance que je m’efforce de cultiver. Souffle et non-souffrance, et pas seulement souffle-et lâcher prise, crée le cocon propice à l’expression de cet art. Force et douceur, j’ai envie d’y croire.

Namasté

Pour découvrir un peu plus l’univers d’elensanaiah, n’hésitez pas à faire un tour sur son Flickr et son Instagram 🙂

 

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